Principe 1 sur 9

Comprendre ce à quoi nous sommes confrontés

Si nous constatons que nous continuons de tomber dans des comportements incorrectes qui vont contre notre conscience et meilleur jugement, et nous avons essayé de nombreuses fois de nous arrêter dans le passé, mais finissons toujours par tomber de nouveau, alors nous sommes sans doute aux prises d’une dépendance.

Motivation 8 min de lecture

Ces comportements son très addictifs. Citons le Rav Avraham J. Twerski lors d’un discours récent :

“Vous n’avez pas idée combien de personnes sont victimes de la pornographie sur Internet ! Nous n’aurions pas cru que des gens de ce niveau peuvent en arriver là ! Nous espérons qu’une personne craignant le Ciel ne peut pas céder à cela, mais il se peut parfaitement que quand une personne surfe sur internet, elle tombe involontairement sur une scène de pornographie, sans l’avoir cherché, mais cela est arrivé… Le surfeur a 3/10 de seconde pour réagir, mais si cela lui prend 4/10 de seconde, il peut déjà être tombé dans la dépendance de ce genre de sites. Oui, c’est grave à ce point ! C’est l’une des formes d’addictions les plus virulentes. Jour après jour, je reçois des lettres et des appels téléphoniques de personnes qui me demandent : “Que puis-je faire pour me protéger de cela ?""

Si nous constatons que nous continuons de tomber dans des comportements incorrects qui vont contre notre conscience et meilleur jugement, et que nous avons essayé de nombreuses fois de nous arrêter dans le passé, mais finissons toujours par tomber de nouveau, alors nous sommes sans doute aux prises d’une dépendance. Comme le Rav Avraham J. Twerski dit:

La distinction fondamentale entre l’homme et les animaux n’est pas que l’homme est plus intelligent, mais que les animaux sont des créatures qui n’ont pas le choix dans leur comportement. Ils sont obligés de faire ce que leur corps demande. Ils ne peuvent pas choisir ce qu’ils devraient faire. L’homme a la capacité d’autocontrôle, de choisir son comportement, même en dépit de ce que le physique demande instamment. Si une personne perd sa capacité de choisir et est dominée par les demandes pressantes de son corps sans pouvoir les contrôler, elle est en effet dépendante.

Nous avons peut-être essayé de faire Techouva de nombreuses fois dans le passé, mais le modèle standard de Techouva (Azivat Hah’et, H’arata, et Kabbala Al Haba) ne fonctionne pas toujours très bien pour nous. La dépendance est un type de maladie, et nos sages avaient compris la nature de l’addiction, comme la Guemara (Avoda Zara 17a) dit par rapport à l’histoire de « Ben Dourdaya », qui avait été avec toutes les prostituées du monde, « Kevan Dehava Adik Bea’aveira Touvah, ki’minout dami– Puisqu’il avait été enraciné profondément dans les fautes, il était semblable à l’hérétique». Le Rav Twerski souligne que le mot « Adik» est très similaire au mot anglais ‘addict’ qui signifie ‘dépendant’. En outre, Rav Assi dit : « Le Yetser Hara est comparable au début à un brin d’une toile d’araignée, et à la fin, à une corde qui sert à attacher le bétail ». Nos sages ont reconnu que dès qu’une personne répète une faute particulière un certain nombre de fois, cela devient pour lui comme quelque chose de permis. D’autant plus que dans ce domaine les Sages ont dit : “Le plus on le nourrit, le plus on l’affame”. Par conséquent, les techniques standards de Techouva ne sont généralement pas suffisantes dans notre cas aujourd’hui. Une fois que ces comportements ont évolué vers des niveaux de dépendance, le pouvoir de la volonté est rarement efficace pour y faire face, et ce n’est plus une simple question de « Yetser Hara ». La dépendance est une maladie spirituelle et psychologique. Il est important de comprendre que nous n’avons pas simplement un Yetser Hara “plus fort que la normale”, et nous ne sommes pas juste des gens qui n’avons pas assez de volonté et qui ne peuvent pas se contrôler. Le Sefer Hah’inouh’ à propos de la Mitsva 387 “Ne vous égarez pas après votre cœur et après vos yeux”, compare la convoitise à l’alcoolisme, décrivant comment le plus on l’alimente, le plus elle en demande, et le plus il est difficile de s’en libérer. La nature de la dépendance est analogue à quelqu’un debout sur la voie ferrée, observant le train arriver à toute allure sur lui, sans pouvoir pourtant sortir de la voie. Et comme le Rav Twerski l’écrit dans son livre « Addictive Thinking » : Nous mettons nos mains au feu, nous nous brûlons, et pourtant nous nous sentons obligés de le faire de nouveau.

Comment ces comportements conduisent à la dépendance? Il s’agit des neurosciences. Tout comme pour tout plaisir, le plaisir sensoriel est stimulé dans le cerveau. Que ce soit la cocaïne, l’alcool, ou le plaisir qu’on pourrait obtenir de scènes incorrectes vues pendant un film, le niveau de sérotonine augmente et les voies du plaisir dopaminergiques sont activées dans la norme « addiction ». A vrai dire, il a été démontré dans une étude, que ces comportements menaient à une dépendance PLUS puissante que la plupart des drogues. Cela ne surprend pas trop. C’est une stimulation d’un plaisir intense, encore plus qu’une drogue dure. Et lors de l’exposition répétée à certains types de stimulation, on a tendance à rechercher une stimulation encore plus intense et perverse, conduisant à ce cercle vicieux autodestructeur, qui est typique à la dépendance. Ce qui était suffisant hier pour atteindre l’euphorie, ne suffit plus aujourd’hui pour atteindre le même effet.

L’addiction n’apparait pas du jour au lendemain. Nous avons développé la dépendance lentement au fil du temps, en nous habituant à éveiller la convoitise dans nos esprits, que ce soit en regardant quelque chose d’incorrect, soit en se donnant du plaisir ou par les fantasmes. Et nous avons fait cela plusieurs milliers de fois. Et à chaque fois que nous avons fait cela, oui, à chaque fois, nous avons marqué des chemins neuronaux dans notre cerveau et nous les avons renforcés de plus en plus. Et aujourd’hui, ces voies sont profondément ancrées dans nos esprits.

En outre, il existe plusieurs niveaux pour cette dépendance. Le moins de fois nous avons agi sous l’effet du désir, les moins définis les chemins neuronaux seront dans nos esprits, et par conséquent,la dépendance sera à un stade moins avancé. Il est essentiel de comprendre cela, et ça devrait servir comme une puissante incitation de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire cesser ces comportements maintenant. Parce qu’à chaque fois que nous agissons sous l’effet du désir, nous aggravons notre addiction, et le plus difficile ce sera à traiter à long terme.

Les symptômes de cette dépendance sont doubles. Premièrement, nous avons accoutumé nos esprits à rechercher ardemment l’élan physique que nous donne le désir, de la même manière qu’un alcoolique est avide d’alcool. Nous avons souvent appris à utiliser le désir comme une drogue à des fins d’auto-apaisement. Nous aspirons à « nous perdre » dans le désir, pour « soigner » nos sentiments d’infériorité, de culpabilité et de dépression, ou même simplement comme une évasion des réalités de la vie. Le deuxième symptôme de la dépendance est, que la stimulation déclenche une excitation bien plus forte pour les dépendants qu’elle ne le fait chez les gens normaux. Nous sommes devenus hypersensibles aux stimulations, au point que nous nous sentons impuissants d’aborder de front le désir. C’est en fait une condition médicale/psychologique qui peut être testée à travers des dispositifs scientifiques. Dans l’esprit de quelqu’un qui se trouve dans cette condition, les voies dopaminergiques du plaisir dans le cerveau sont déclenchées beaucoup plus vites et de façon beaucoup plus intense que chez les gens normaux.

Il est important de comprendre qu’en tant que dépendance, ce n’est pas quelque chose que nous pouvons enlever simplement en se dissuadant. Un thérapeute peut être en mesure de nous aider à découvrir pourquoi nous sommes devenus dépendants en premier lieu, mais cela seul n’est pas suffisant. Maintenant que nous avons ces voies ancrées dans notre esprit, toute l’intelligence du monde ne changera pas le fait que nous avons ce problème, de la même façon que comprendre ce qu’est une jambe cassée ne saurait la guérir. Il est également important de comprendre qu’une fois que la dépendance a avancé à un certain niveau, elle restera probablement toute la vie, comme le dit le proverbe : « Une fois dépendant, toujours dépendant ». Cela signifie qu’une fois que nous avons formé notre esprit à utiliser le désir comme un type de drogue, nous devons apprendre à nous éloigner loin du désir. Et quel que soit le progrès que nous pensons avoir fait dans cette lutte, une fois que nous nous permettons de prendre cette première « boisson », nous nous sentirons impuissants de nouveau. Dans les ouvrages des 12 Etapes, l’addiction est comparée à une allergie. Si quelqu’un a une réaction allergique aux arachides, par exemple, il ne pourra jamais s’en approcher sans faire de réaction allergique. Et même si la personne n’a pas touché aux arachides pendant 20 ans, du moment qu’elle ingère des arachides à nouveau, la réaction allergique sera de retour en pleine puissance.

Comme l’une des brochures des 12 Etapes dit:

Convoiter, pour nous, c’est comme monter sur le grand huit. Une fois démarré, il est presque impossible à arrêter. Par conséquent, le désir doit être arrêté, là où il commence, avec le premier verre. Sortir de l’influence du désir, ainsi, nous demande d’éviter de monter à bord en premier lieu.

Notre dépendance à la luxure est semblable au problème de l’alcoolique avec l’alcool. Tout comme l’alcoolique ne peut pas tolérer un verre d’alcool, nous ne pouvons pas tolérer la moindre boisson du désir. Le désir conduit toujours à plus convoiter, éventuellement à nous rendre ivres. Une fois ivre, l’envie d’agir est impossible à résister. Convoiter un peu seulement ne marche tout simplement pas pour nous.

Mais aussi effrayant que cela puisse paraître, ce n’est pas si grave. Quelqu’un qui a une carence chronique en fer peut encore mener une vie parfaitement normale tant qu’il prend ses comprimés de fer quotidiens. Quelqu’un qui a du diabète peut aussi être bien, tant qu’il prend son insuline. De même avec nous ; nous avons peut être un type de maladie mais il y beaucoup de techniques qui peuvent être utilisées comme notre « médicament » chaque jour, pour maintenir l’addiction à zéro.

Au lieu du modèle standard de Techouva, nous devons commencer à changer notre attitude entière. Nous apprenons des outils et techniques de la façon à contourner le désir au lieu d’essayer de combattre de front. Et nous apprenons à remettre notre volonté à Hachem, et de vivre avec Son aide, au lieu d’essayer d’utiliser nos propres forces pour combattre quelque chose qui est plus fort que nous.