Principe 17 sur 21

Ne pas s’attarder sur la passé

Bien que les dégâts spirituels que nous causons soient très étendus, nous devons accepter le fait que Hachem nous a conduit dans cette situation et que ce n’est entièrement de notre faute. Veillons à ne jamais nous attarder sur la façon dont cela est arrivé ou sur les chutes passées.

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Bien que les dégâts spirituels que nous causons soient très étendus, nous devons accepter le fait que Hachem nous a conduit dans cette situation et que ce n’est entièrement de notre faute. Veillons à ne jamais nous attarder sur la façon dont cela est arrivé ou sur les chutes passées. Cela nous déprimera et nous conduira à d’autres chutes. Le H’idouchei Harim (dans Likoutei Yehouda) dit à ses disciples de ne jamais regarder en arrière, affirmant que si nous regardons en arrière, nous restons dans la boue. Chacun a son « linge sale ». Nous ne devons pas en avoir honte, à moins que nous le laissions s’accumuler sans jamais le nettoyer.

Nous devons également réalisé que nous n’avions pas toujours le libre arbitre dans le passé. Ceci ressort clairement de divers Sefarim et en de divers endroits dans H’azal. Pour citer un des plus importants Baalei Moussar de notre époque, Rav Chlomo Wolbe, (Zt”l) :

Les grands philosophes (Juifs) ont établi la Béh’ira comme la pierre angulaire de l’ensemble dela Torah… Mais cela a entrainé une perception erronée chez beaucoup de gens : que tout lemonde choisit activement chaque acte et chaque décision. C’est une grave erreur. (AleiC hour,Vol 1, p.156)

Qu’est-ce que, alors, la Beh’ira ? Pour répondre à cette question, le Rav Wolbe nous renvoie à « la dissertation phénoménale sur la Beh’ira » du Rav Eliahou Dessler (Mih’tav MeEliahou, Vol 1, p.111-116). Dans cette dissertation, le Rav écrit comment la « Nekoudat Habeh’ira – libre arbitre » est différente pour différentes personnes et dans différentes situations. Il explique que la Beh’ira n’est pas un concept théorique qui peut être appliqué en toute circonstance, lorsqu’une personne peut hypothétiquement choisir entre deux options. Mais elle ne s’applique qu’aux conflits moraux, où les deux forces opposées sont à peu près de force égale, lorsque la personne est consciente du conflit interne, et qu’elle prend une décision consciemment dans une certaine direction. Lorsqu’une personne fait quelque chose sur laquel elle n’a pas consciemment fait l’expérience d’un conflit, ou, si la force d’attraction d’un côté est beaucoup plus forte que de l’autre, le fait qu’elle soit en mesure théoriquement de décider quelle direction prendre, ne qualifie pas son acte comme l’expression de la Beh’ira.

« Ein Hakadoch Barouh’ Hou ba beterounya im habriyot – Hachem ne vient pas avec des plaintes contre ses créations. » Comme le Passouk dit : « Il a créé ensemble tous leurs cœurs, et Il comprendtous leurs actes », et II sait que presque tous les hommes trébuchent au niveau de cette faute à un moment donné dans leur jeunesse.

Cependant, il y a un adage bien connu que si Hachem nous envoie un test, nous avons certainement la capacité de le surmonter aussi. Rav Tsadok Hacohen dit bien (dans Tsidkat Eliahou) que cen’est pas aussi simple que cela paraît. Il est vrai que nous avons tous le libre arbitre de faire ce que Hachem attend de nous dans le monde, au cours de notre vie. Toutefois, dans le processus de notre parcours, il y a beaucoup de fois où une personne est considérée A nous.

Après la faute du veau d’or, le Midrach dit que Moché dit à Hachem, si un père a donné à son fils de l’or et l’a assis sur le seuil d’un Beit Zonot – “ma ya’asseh haben velo yeh’eta? –Que peut-faire le fils et ne pas fauter ? En d’autres termes, nous trouvons dans H’azal qu’il y a des moments où une personne peut ne pas avoir une béh’ira entière.

Voir aussi le Rambam Hilkhot Issourei Biah 1,8 – “car le Yetser Hara et la nature humaine l’ont forcé à vouloir”, et voir Tossfot dans Sanhédrin 26b où ils discutent de la façon dont quelqu’un soupçonné de relations interdites pourrait quand même être un témoin casher, car il se pourrait que ses désirs l’aient tout simplement dominé. Et voir la Guemara dans Berah’ot 32b, « Asher Harioti » où Hakadoch Barouh Hou reconnaît devant Eliahou Hanavi qu’Il était Celui qui avait tourné les cœurs des Bnei Israel loin de Lui.

Le Steipeler aussi, au sujet d’un comportement spécifique difficile à maîtriser que quelqu’un avait, écrit : Il n’est pas un Baal Beh’ira maintenant dans ce domaine, et la seule chose qu’il peut (et doit) faire, sont des Tikounim qui l’aideront au cours du temps.

Une fois que nous comprenons que nous n’avions pas toujours le libre arbitre dans le passé, nous éviterons la culpabilité qui nous entrainera dans le cercle vicieux du désespoir et de chutes continues. Et la culpabilité peut être encore plus dangereuse que les chutes. Comme ils disent : « Ce n’est pas le cookie que vous mangez qui rompt le régime. Le régime prend fait lorsque vous vous sentez mal à cause de ce cookie, et que vous en venez alors à finir la boîte entière ! »

Et même si l’on pouvait avoir une certaine liberté de choix au moment où nous sommes tombés, il se pourrait que nous n’en avions que très peu. Les fautes que nous avons commises ne sont seulement jugées d’après les circonstances et le niveau de liberté de volonté que nous avions à ce moment. Seul Hachem sait si nous aurions pu mieux faire ou pas.

Mais lorsque nous parlons de l’instant présent, nous ne pouvons jamais savoir combien de libre arbitre nous avons, et nous devons toujours essayer de faire de notre mieux.