Les Groupes des 12-Etapes EN DIRECT
Parce que les 12 étapes sont vraiment une série de principes qui changent la vie comme nous l’avons expliqué ci-dessus, souvent ils ne peuvent être intériorisés correctement, seulement en se joignant à un groupe en direct, en face-à-face. Mais en apprenant à renoncer à notre volonté dans le groupe, et en apprenant à partager honnêtement avec le groupe et notre mentor, nous serons en mesure d’apprendre comment abandonner notre volonté et être honnête avec Hachem aussi.
Parce que les 12 étapes sont vraiment une série de principes qui changent la vie comme nous l’avons expliqué ci-dessus, souvent ils ne peuvent être intériorisés correctement, seulement en se joignant à un groupe en direct, en face-à-face. Essayer de renoncer à notre volonté pour suivre celle d’Hachem est difficile, car il s’agit de quelque chose d’abstrait. Mais en apprenant à renoncer à notre volonté dans le groupe, et en apprenant à partager honnêtement avec le groupe et notre mentor, nous serons en mesure d’apprendre comment abandonner notre volonté et être honnête avec Hachem aussi.
Grâce au groupe, nous apprenons à incorporer les étapes dans notre vie, et nous pouvons voir ce que les autres font pour se libérer, et suivre leur exemple. Nous entendons les histoires de la vie réelle de ceux qui étaient dans une situation encore pire que le nôtre, et nous constatons comment ils se sont miraculeusement rétablis. Nous partageons l’espoir, la force et l’expérience avec le reste du groupe ainsi qu’un fort sentiment de « responsabilité ». Nous obtenons un mentor (du groupe) qui a une bonne sobriété, et nous travaillons étroitement avec lui sur la mise en pratique des étapes dans nos vies quotidiennes.
Un dépendant, qui devint sobre par le programme des 12 Etapes il y a de nombreuses années, a écrit:
Je ne suis pas parvenu à être sobre, tant que je n’étais pas prêt à tout pour arrêter et que je tende la main frénétiquement à l’aide. Un personne qui se noie n’abandonne pas la partie, jusqu’à ce qu’elle se sente en sécurité de nouveau. B’’H pour moi cela ne fut pas seulement un mashal (parabole), j’ai vraiment senti que j’allais mourir alors je n’ai pas cédé.
On m’a dit d’aller à des réunions pour rencontrer d’autres gens et afin d’être présenté à mon moi véritable, en regardant les autres. Le soutien a été formidable.
Pourtant, beaucoup viennent aux réunions et ne deviennent pas sobre. Ils partent au bout de deux ou trois réunions et en restent là. La prochaine chose dont j’avais besoin était de croire en ces étapes – du moins une croyance temporaire, pour se donner un coup de pouce. Rien d’autre n’a marché, donc je n’avais rien à perdre et tout à gagner, car j’ai vu la manière dont les choses se déroulaient et que j’étais sur le point de tout perdre.
Et je n’oublie pas que je suis encore complètement sous le risque de tout perdre aujourd’hui encore . Et si cela devient plus que de “simples mots”, je crois que je serai perdu pour de bon. Je ne pense pas que j’aurais été capable de m’accrocher à cette réalité sans être lié à au moins quelques personnes réelles.
Essayer d’étudier les 12 étapes sans groupe est semblable à apprendre la chirurgie du cerveau à partir d’un livre. Quiconque veut devenir un chirurgien professionnel doit participer à des centaines de chirurgies réelles avant d’être lui-même qualifié de chirurgie.
Rav Avraham J. Twerski, qui fournit des conseils pour notre réseau et est un expert des addictions renommé mondialement, a lui-même toujours conseillé à ceux qui le contactaient pour recevoir de l’aide à ce sujet, que les groupes des 12 Etapes est le moyen le plus sûr pour se libérer de toute dépendance. Ils ont un taux de succès très élevé, même pour les cas les plus désespérés. Voici ce que le Rav Twerski écrit à une personne religieuse qui était aux prises avec la dépendance pendant une vingtaine d’année pensant qu’il s’agissait simplement d’un Yetser Hara plus fort que celui d’autres personnes :
“Votre cas n’est pas rare. Je dis cela parce que je peux vous dire ce qui marche et ce qui ne marche pas. Les compulsions sexuelles viennent de différentes manières, mais le dénominateur commun est que la personne a une compulsion qu’elle trouve très difficile à résister. Elle essaie toute sorte de choses (comme vous l’avez fait), mais rien ne fonctionne, y compris le mariage. Ce type de contrainte est essentiellement une dépendance. La seule chose qui fonctionne, d’après mon expérience, est la participation à un programme de rétablissement par les 12 Etapes pour les addictions sexuelles. Il y a des réunions partout, y compris en Israël.
Il y a de nombreuses excuses pour ne pas assister aux réunions. Que va-t-il se passer si quelqu’un me voit ? Mais le résultat est que si une personne veut guérir d’un cancer, elle fera quelque chose. Si quelqu’un souhaite surmonter une addiction sexuelle destructrice, rien ne devrait faire obstacle. La psychothérapie est comme la cerise sur le gâteau, mais le programme des 12 Etapes est le gâteau lui-même. Lorsque vous participez à une réunion des 12 étapes, vous pourrez trouver le nom d’un thérapeute compétent. Sachez cependant, que de nombreux psychiatres et psychologues n’ont pas été formés pour l’addiction.
Le type particulier de compulsions sexuelles ne fait pas beaucoup de différence. Un buveur de bière peut être un alcoolique de la même manière qu’un buveur de whisky peut aussi l’être. Le cœur du problème est l’incapacité de se freiner de faire quelque chose que l’on sait ne doit pas être fait, mais semble impuissant à contrôler. Un nombre assez important de personnes religieuses ont été capables de faire certaines choses avec ce programme des 12 Etapes, qu’elles n’ont pas été capables de faire avec du Moussar (textes religieux de moral). Peut-être est-ce à cause du soutien de groupe. Nous pouvons étudier le Moussar ensemble, mais ne le mettrons pas en pratique ensemble, alors que c’est ce qui se passe dans une réunion des 12 Etapes.
Vous pouvez aussi consulter notre site web pour voir une page des correspondances de Rabbi Twerski où il répond à de nombreuses questions de personne à propos de ces groupes.
Les groupes des 12 étapes font très attention à protéger l’anonymat de tous leurs membres. « Votre secret est le secret de chacun ». En dépit de cela, le Rav Twerski suggère qu’il est préférable d’essayer et d’intérioriser les 12 Etapes tout d’abord à travers les groupes de GYE de conférences téléphoniques anonymes des 12 Etapes, dont nous avons discuté ci-dessus (dans l’outil 15). Aller à des groupes en direct n’est pas recommandé pour les dépendants de bas niveau et peut se révéler nocif.
Cependant, pour ceux d’entre nous qui n’ont pas trouvé les conférences téléphoniques suffisantes, nous aurons besoin de passer au niveau de rétablissement suivant et de chercher un groupe en direct dans notre région. Pour plus d’informations sur les groupes des 12 Etapes en direct, contactez l’assistance de GYE à protegermaneshama@gmail.com ou appelez notre hotline 646-600-8100 (en anglais). Nous prévoyons également d’avoir un système d’aiguillage vers les groupes des 12 Étapes sur note site bientôt.
Il y a un certain nombre de types de groupes des 12 Etapes qui s’occupent des addictions sexuelles (SA, SAA, DASA, SCA, SRA, AAP). Cependant, pour les Juifs religieux, le Rav Twerski affirme que le programme SA est le plus adapté. SA travaille sur « l’addiction au désir » et rien d’autre, et leur définition de sobriété est celle qui est la plus proche des directives halakhiques de nos sages. De plus, SA est également à prédominance masculine, tandis que d’autres groupes (comme DASA) sont souvent mixtes.
Même si les réunions ont lieu dans une salle adjointe à une église, le Rav Shmouel Kaminetsky dit que les comportements dont nous essayons de nous libérer, sont de loin plus graves, et on ne doit pas hésiter à rejoindre un groupe des 12 Etapes à cause de cela (sauf le sanctuaire principal).
Pour les conjoints des dépendants, Il y a des groupes S-anon et CODA dans de nombreuses villes, où le conjoint (généralement l’épouse) apprend à vivre avec un dépendant. Ces groupes sont très utiles pour les conjoints, et à part apprendre à comprendre la nature de la dépendance, ils reçoivent des conseils et du soutien bien nécessaires. GYE a des conférences téléphoniques spéciales CODA pour les conjoints aussi. Contactez-nous pour plus d’info.
L’histoire de Dov
Dov, qui est le modérateur en chef de notre forum aujourd’hui et dirige un groupe virtuel des 12 Etapes ainsi qu’une conférence téléphonique sur GYE, est sobre en SA depuis plus de 14 ans. Lorsque Dov a tout d’abord trouvé notre réseau, il a posté son histoire et a partagé son expérience. Nous pouvons tous bénéficier de la lecture de son histoire qu’il partage avec nous:
Pendant des années et des années, je pensais que j’étais tout simplement “mauvais”, qui dans le meilleur des cas faisait pitié, et au pire des cas qui était méprisé par Hachem. Je commettais en fait des Aveirot (péchés) sérieuses, et échouais lamentablement à être un Eved Hachem (serviteur de D.). Je savais que la vie n’était pas censée être de cette manière, mais il semblait que je tombais toujours dans les problèmes, et agissais sous mes compulsions. En conséquence, ma Emouna (foi) que la Avodat Hachem (service divin) était réellement possible pour moi, était très faible. Cela a continué pendant plus de dix ans.
Puis je me suis marié et c’est devenu encore plus, beaucoup plus, pire, pendant encore une dizaine d’années. Je suis allé chez quelques différents thérapeutes et j’ai parlé avec quelques Rabbanim, généralement sous le prétexte d’avoir des « problèmes de couple ». Le véritable problème était, bien sûr, que j’avais une double vie et que cela me rendait fou. Certaines de ces personnes ont été un peu utiles pour moi, d’autres au contraire. J’ai même appelé le Rav Twerski (en 1991 ou 92) qui m’a dit ce que vous rapportez exactement sur votre site web : que j’avais probablement besoin d’un groupe des 12 Etapes. Mais je ne pouvais pas faire cela (je pensais), parce que ma femme découvrirait la vérité (je ne pouvais pas cacher le fait que j’aille à des réunions hebdomadaires!). Aussi, j’ai senti que l’ensemble complexe du rétablissement “entraverait mon style”. Je me suis résigné à penser que le mieux que je pouvais espérer serait de mourir à un âge avancé avec un grand, géant affreux secret sous ma bonne garde.
Environ six en plus tard, j’ai finalement touché le fond. Il est devenu clair pour moi que mon état ne faisait qu’empirer, en n’allant jamais mieux, et que si je faisais un pas de plus –que je sentais que je DEVAIS faire- je devrais tout laisser en arrière, ma famille mon amour-propre, ma communauté, la Torah et les Mistvot, et même renoncer à toute lutte pour une connexion avec Hachem. En bref tout ce qui me définissait et définissait ma vie, était en jeu.
J’ai vu que je n’avais pas d’issue et j’étais terrifié. J’avais été terrifié de nombreuses fois auparavant (habituellement en se faisant attraper ou en craignant de se faire attraper), mais c’était différent. Je savais que cela n’avait rien à voir avec se faire « attraper » par n’importe qui. Même seul avec moi-même « non attrapé », cette vie devint insupportable.
Je suis allé chez une thérapeute la semaine suivante et lui racontai mon histoire, et elle me suggéra d’aller à de réunions SA. N’ayant pas le choix, je suivi son conseil, et après avoir appliqué la première des 12 Etapes (en admettant l’impuissance) et partagé mon histoire avec d’autres, il est devenu clair pour moi que j’étais très malade. Depuis Je vais à des réunions SA, et j’ai été aidé directement et indirectement par Hachem –que je connais maintenant en tant que mon Meilleur Ami- pour rester sobre jusqu’à présent. Mes Tefilot (prières) et mon étude se sont refroidies pendant une longue période (environ 3 ans) peu après être devenu sobre, mais avec beaucoup d’aide et quelques années de patience, cela a finalement pris un tournant, et maintenant comme ma vie de couple et ma vie en général, mes Tefilot et étude sont mieux que ce que j’aurais pu rêver. Je prends souvent conscience que je vis vraiment, confortablement, avec Hachem.
Bien sûr, j’ai encore beaucoup de problèmes, et j’ai de hauts et des bas, mais ce n’est pas une grande affaire comme ce que c’était dans le passé, et il y a toujours cette « musique de fond » d’espoir, qui me dit que ça ira bien.
Voici mon avis: L’approche traditionnelle d’AA m’a sauvé la vie. J’entends par là, le message de AA que j’ai une maladie mentale de dépendance (au désir), une déconnexion spirituelle de Hachem et des gens, et une allergie physique (au désir) qui finira par me tuer. La convoitise immorale de n’importe quelle manière, rend ma vie complètement ingérable et me rend inutile aux autres. Beaucoup d’autres personnes semblent être capables d’utiliser un peu la convoitise sans souffrir comme moi. Pour eux, il s’agit juste d’une faute morale, alors que pour moi ça mène à un cercle vicieux de folie et d’échec, tout comme l’alcool pour un alcoolique.
Dans mon cas, se concentrer sur ma lutte de la même manière qu’avec mon Yetser Hara normal (mauvais penchant) serait l’ingrédient assurant l’échec. Cela m’oblige simplement à fournir plus d’efforts, et utiliser plus de nouvelles astuces, qui n’ont jamais marché. Le message de AA pour moi (par le biais des SA) n’était pas l’un de ceux-ci. Il était d’accepter le fait que je suis fondamentalement différent des non dépendants, ainsi que d’accepter que je ne suis pas une MAUVAISE personne qui devient BONNE, mais une personne MALADE qui GUERIT. –avec l’aide d’Hachem.
J’ai dû accepter le fait que cette maladie m’avait complètement battu, tout comme le cancer ou le diabète. Vous ne combattez pas contre une maladie, vous recevez un traitement. Beaucoup de gens de le font pas et meurent en résultat. La « Techouva » standard ne m’a pas du tout fait de bien, simplement parce que ce n’est pas fait pour des gens fous. Ce n’était pas seulement un « Rouah’ Shtout » (esprit de folie), c’était devenu ma façon de vivre.
J’avais tout d’abord besoin d’apprendre à être honnête avec moi-même et avec les autres. Cela m’a pris environ un an et demi de fréquents programmes par téléphone, de réunions régulières, de travail avec mon mentor, et les 12-Etapes. Et encore, mon rétablissement était clairement un ness (miracle). Tout comme Hachem guérit les personnes du cancer ou d’autres maladies lorsque le patient prend ses médicaments/ traitements, j’ai dû faire la même chose et Il a fait la même chose pour moi. Et Hachem continue à le faire chaque jour, parce que je crois que je serais encore dans ma dépendance et en train de détruire ma vie, sans avoir éprouvé suffisamment cette gêne à vivre. Mettre les étapes en pratique tous les jours, me maintient à l’aise et sain d’esprit (au moins jusqu’aujourd’hui).
Je pense que certains Juifs Froum (religieux), surtout ceux qui croient fermement que combattre son Yetser Hara (mauvais penchant) est une Kidouch Hachem suprême, ou qui estime que la réponse doit se trouver dans la Torah si seulement ils cherchent assez bien, peuvent rencontrer des difficultés avec mon approche. Mais je doute qu’ils utiliseraient une approche de « Torah » pour toute autre maladie. Pour moi, c’est trop compliqué de mélanger les concepts de moussar avec les 12 Etapes, en particulier au début. Je dirais même que c’est toxique.
Oui, je sais que la convoitise –c’est à dire l’utiliser et agir sous l’effet de la convoitise- n’est pas exactement comme l’alcool, car elle implique des Aveirot H’amourot (graves péchés), tandis que l’alcool n’est pas une aveira en soi. Néanmoins, s’accrocher à l’approche purement religieuse m’aurait laissé comme ce que j’ai été pendant vingt ans : à la recherche de réponses avec des lunettes cassées.
De la manière dont je les lis, les 12-Etapes m’aident à réparer mes yeux (esprit et corps) et ENSUITE devenir plus religieux, mais pas devenir plus religieux pour arrêter.
S’il vous plait, ne vous méprenez pas. Je ne dis pas que toutes les autres approches sont fausses, je partage simplement ce qui a marché pour moi. Même si les principes des 12 Etapes sont basés sur la Torah, AA, par mon expérience est un outil de renforcement de l’équilibre mental et non pas un outil de religion.
Mais parce que je suis Juif, après avoir commencé à retrouver la raison et une certaine liberté du passage à l’acte compulsif et de la pensée lubrique, j’ai pu commencer à grandir, merci à D., pour être l’homme Juif qu’Hachem veut que je sois. Et les étapes sont un outil que j’utilise pour rester sur cette voie aujourd’hui aussi, jour après jour.